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Chapitre 3

Le Carrousel GRANDE COMPLICATION

Le nouveau Brassus Carrousel Répétition Minutes Chronographe Flyback fait son entrée dans le panthéon des Grandes Complications de Blancpain.

Auteurs du chapitre

JEFFREY S. KINGSTON

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JEFFREY S. KINGSTON
Le Carrousel GRANDE COMPLICATION
Le Carrousel GRANDE COMPLICATION
Numéro 14 Chapitre 3

Pour Blancpain, UNE GRANDE COMPLICATION doit être innovante sous chacun de ses aspects.

Une proposition logique. La création d’une montre à grande complication, qui par définition doit offrir une combinaison de complications, peut se produire en suivant l’une de deux voies. La première consiste à réunir des complications classiques, réalisées selon la tradition, de sorte que la « créativité » se résume simplement, si vous me permettez l’expression, à l’assemblage d’un kit. L’autre se présente sous un jour plus ambitieux. Faites preuve d’imagination dans la conception de chaque complication, puis poursuivez l’innovation à l’instant de les réunir ! Avec le Brassus Carrousel Répétition Minutes Chronographe Flyback, Blancpain a sans conteste choisi la seconde option. Chaque élément essentiel de cette montre à grande complication témoigne d’une inventivité et d’une créativité exceptionnelles. Pour souligner la dimension de ces avancées, il suffit de relever qu’aucune montre-bracelet n’a offert à ce jour une telle association de complications.

Comme sur tout garde-temps, le cœur du Brassus Carrousel Répétition Minutes Chronographe Flyback est incarné par l’élément central de la régulation du temps, en ce cas le carrousel. Ainsi que nous l'avons vu plus en détail dans l’article consacré au Tourbillon Carrousel en page 6, Blancpain est la première manufacture à avoir développé un carrousel pour une montre-bracelet. Cette performance horlogère s’est accompagnée de nombreuses premières mondiales : le premier carrousel volant dans une montre, le premier carrousel volant une minute dans n’importe quel type de garde-temps, la plus longue réserve de marche pour tout carrousel et le premier carrousel doté d’un balancier au centre. Même si le Brassus Carrousel Répétition Minutes Chronographe Flyback s’inscrit dans le sillage de cette construction au palmarès enviable, il présente néanmoins de subtiles optimisations. Le carrousel original de Blancpain recourait à un spiral plat, tandis que sur la nouvelle réalisation le balancier est associé avec un spiral doté d’une « courbe terminale Breguet ». Cette forme particulière fut inventée par le célèbre horloger Abraham-Louis Breguet en 1795. Avec un ressort plat habituel, l’extrémité interne du spiral est attachée à proximité de l’axe de balancier alors que son extrémité externe est fixée à un bras. Cette disposition ne permet pas d’obtenir une concentricité et un centrage parfaits, car la partie du

Le balancier et son spiral à courbe terminale Breguet.

Le balancier et son spiral à courbe terminale Breguet.

La cage du carrousel, le balancier et l’échappement.

La cage du carrousel, le balancier et l’échappement.

Vue du mouvement côté cadran.

Vue du mouvement côté cadran.

spiral attachée au bras n’est pas équilibrée par un élément opposé équivalent. Abraham-Louis Breguet a réalisé que, si la partie extérieure du spiral était tournée à la fois vers le haut et vers l’intérieur pour s’étendre au-dessus de la partie principale du ressort, le centrage et la concentricité seraient notablement améliorés et, ainsi, la précision de marche de la montre. Comme sur la plupart de ses récents mouvements, Blancpain a donc opté pour un spiral caractérisé par la présence d’une courbe terminale Breguet. Sa confection est particulièrement exigeante, car le coudage supérieur et intérieur de chaque ressort doit être minutieusement exécuté à la main.

Par l’adjonction d’un chronographe au carrousel, Blancpain inscrit une nouvelle première mondiale à son riche palmarès. En effet, cette combinaison n’avait pas encore vu le jour sur une montre-bracelet. Le chronographe intègre également une fonction flyback qui permet de commander par une seule action, au lieu de trois, l’arrêt, la remise à zéro et le redémarrage du chronographe. L’association d’un chronographe flyback et d’un carrousel dans une montre- bracelet représente donc une authentique « double première mondiale ».

De la même manière que le carrousel symbolise le cœur de la mesure du temps sur cette grande complication, le mécanisme d’embrayage vertical est le centre névralgique du chronographe. Même si Blancpain a puisé son inspiration dans une expertise de près de trois décennies dans la construction de chronographes à embrayage vertical, sa conception sur le Brassus Carrousel Répétition Minutes Chronographe Flyback dénote une importante évolution. Dans toutes les collections de la marque, le compteur des minutes du chronographe est situé dans un sous-cadran à 3 heures. Sur ce modèle, les ingénieurs et les designers de Blancpain ont choisi une solution complètement différente pour le décompte des minutes. Elle prend la forme d’une grande aiguille au centre et d’une échelle disposée sur le rehaut du cadran principal. Le déplacement de cette indication au centre du cadran n’a pas uniquement requis un changement de roue. Comme l’aiguille est considérablement plus grande que celle utilisée sur un petit totalisateur, cette modification a exigé de repenser entièrement le rouage du compteur des minutes. Au moment où l’aiguille des secondes passe le repère « 60 », il incombe à l’aiguille des minutes d’avancer, avec autant de célérité que d’élégance, sur la prochaine minute. Pour assurer une progression harmonieuse, en l’absence de toute saccade ou tressaillement malvenu, les constructeurs ont réalisé qu’il convenait de se tourner vers une forme de rouage différente de la conception précédemment utilisée dans les chronographes de Blancpain. Plutôt que d’adopter le profil classique de dents pleines, la réponse s’est présentée sous la forme de dents munies d’une « fente », essentiellement destinée à absorber les chocs et à réduire les jeux. Cette configuration ne garantit pas seulement la parfaite progression de l’aiguille des minutes, mais prévient son tremblement redouté lorsque le garde-temps est soumis à des chocs.

Les roues dotées de ce profil particulier répondent en tous points à l’objectif recherché. Toutefois, la méthode pour le concrétiser a suivi une approche qui s’est largement écartée de la tradition. Habituellement, les dents sont taillées dans les roues à l’aide d’une fraise. D’un point de vue scientifique, ce procédé entre dans la catégorie des techniques fondées sur la soustraction – ou le retrait – de matière : la dent est formée par l’usinage du matériau. Même si les procédés utilisés

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Lors du développement du chronographe, LES CONSTRUCTEURS DE BLANCPAIN ont opté pour des technologies de pointe.

de nos jours pour tailler les dents sont étonnamment précis, ils ne l’étaient pas suffisamment pour confectionner le type de dents fendues souhaité par Blancpain. Aussi les constructeurs se sont-ils tournés vers la direction opposée et ont retenu un procédé fondé sur l’ajout de matière. Plutôt que de découper le matériau dans un disque afin de tailler les dents d’une roue, une méthode additive génère peu à peu la roue, molécule par molécule. Selon ce principe, les roues et les dents voient simultanément le jour. À l’évidence, ce choix fait appel à des technologies à la pointe du progrès. Même si elles sont plus complexes et onéreuses à fabriquer que les habituelles dents taillées, ces roues obtenues par addition sont incomparablement plus précises et peuvent comporter des dents au profil plus élaboré.

Blancpain avait déjà recouru à une technique par adjonction de matière dans la montre de plongée X-Fathoms. Comme sur la nouvelle grande complication, les exigences posées par le profondimètre mécanique avaient conduit les ingénieurs à confectionner l’une de ses roues, dont la forme particulièrement complexe exigeait une exactitude extrême, en adoptant un processus de fabrication molécule par molécule.

Le Brassus Carrousel Répétition Minutes Chronographe Flyback comporte deux roues confectionnées selon cette solution de pointe : la première à 3 heures et la seconde au centre. Elles font toutes deux partie du rouage du compteur des minutes du chronographe.

Si les roues de forme particulière garantissent la parfaite progression de l’aiguille du compteur des minutes, l’embrayage vertical assume, pour sa part, la responsabilité du déplacement harmonieux de l’aiguille des secondes du chronographe. À l’exception de quelques rares réalisations qui recourent à un dispositif séparé, doté d’un barillet indépendant, afin d’assurer la mesure de brefs intervalles temporels, tous les chronographes utilisent une forme ou une autre d’embrayage pour des motifs simples à comprendre. Lorsque l’enclenchement du chronographe est commandé, son mécanisme est associé – ou couplé – au rouage habituel de la montre. De semblable manière, lors du déclenchement, le rouage du chronographe est déconnecté du rouage de la montre. Dans une perspective historique, la plupart des chronographes étaient munis d’un embrayage horizontal pour piloter l’enclenchement et le déclenchement du chronographe. Toutefois, ces réalisations, fondées sur l’engagement soudain de deux roues au début d’une mesure, comportent d’importants inconvénients. Idéalement, deux roues devraient procéder à leur engrènement à l’instant où les dents de l’une tombent dans les creux de l’autre. Cependant, l’actionnement du chronographe est une manœuvre aléatoire et la rencontre des roues ne se produit pas nécessairement dans une configuration où les dents d’une roue se trouvent en face des creux de l’autre. Il peut survenir en effet qu’une dent entre d’abord en contact avec une autre dent. Cette circonstance entraîne un saut non souhaité dans le

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mouvement de l’aiguille des secondes. En outre, ces constructions emploient un ressort pour assurer l’ébat indispensable à l’engagement des dents dans les creux et éviter le tressaillement de l’aiguille des secondes alors qu’elle commence sa progression autour du cadran. Même si ce ressort confère une souplesse additionnelle au mouvement de l’aiguille, la tension qu’il provoque altère la précision de marche de la montre lorsque le chronographe est enclenché. Finalement, comme les dents des roues sont extrêmement fragiles sur ces chronographes haut de gamme, en raison de leur forme de triangle effilé destinée à réduire l’usure, il est généralement recommandé au propriétaire d’éviter de laisser fonctionner le chronographe pendant une période prolongée.

L’embrayage vertical conçu par Blancpain a balayé ces inconvénients. Plutôt que de reposer sur la rencontre de deux roues, l’enclenchement du chronographe presse deux disques l’un contre l’autre. Le début de la mesure se déroule à chaque fois de manière parfaitement uniforme, sans le moindre risque de saut. En outre, ce dispositif rend superflue la présence de tout ressort supplémentaire. De surcroît, en l’absence de ressort, l’enclenchement du chronographe n’exerce pratiquement aucune influence sur la précision de marche de la montre. Enfin, comme il ne recourt pas à des roues munies de fines dents triangulaires qui s’usent les unes contre les autres à chaque engagement, le chronographe peut être enclenché en permanence, si tel est le bon vouloir de son propriétaire. En bref, la construction de Blancpain dote ce chronographe des performances requises pour apparaître de plein droit sur une véritable grande complication.

L’intégration d’un chronographe dans la nouvelle grande complication recelait cependant un autre défi . Une répétition minutes figure au catalogue de ses complications et ses timbres, qui se présentent sous la forme de lamelles d’acier, entourent le mouvement. La disposition usuelle des poussoirs du chronographe pour l’enclenchement, le déclenchement et le retour à

Figure A. Le mécanisme de l’embrayage vertical avec le chronographe déclenché : les deux bras préviennent tout contact entre le disque de l’aiguille des secondes et le disque inférieur.

Figure B. Le mécanisme de l’embrayage vertical avec le chronographe enclenché : la roue à colonnes a écarté les deux bras permettant ainsi aux disques de l’embrayage d’entrer en contact l’un avec l’autre.

Le Carrousel GRANDE COMPLICATION
Le Carrousel GRANDE COMPLICATION

Le mouvement est surmonté d’un CADRAN À L’ÉMAIL GRAND FEU.

zéro aurait provoqué une interférence entre leurs tiges et les timbres. Blancpain n’avait ainsi d’autre choix que de développer une méthode pour abaisser les tiges des poussoirs, en sorte qu’elles passent sous les timbres circulaires de la répétition. Ce léger décalage a entraîné à son tour le déplacement de la couronne, afin qu’elle soit située à la même hauteur que les poussoirs sur la carrure du boîtier. Deux plateaux ont été sub stitués à la tige droite qui relie directement le mouvement à la couronne. Le premier est attaché à la tige depuis le mouvement, alors que le second est fixé à la couronne abaissée et à sa tige séparée. Lorsque la couronne est retirée ou pivotée, cette action est transférée par un rouage à la tige séparée du mouvement. Les deux plateaux servent ainsi de supports aux deux tiges.

Quel que soit l’angle sous lequel elle est considérée, il ne peut exister de « répétition minutes standard ». La production d’un son riche à la pureté cristalline à partir d’un mécanisme de sonnerie est une prouesse artistique qui ne sera jamais accolée à l’épithète « standard ». Cette observation est d’autant plus pertinente que la répétition minutes de la nouvelle grande complication intègre plusieurs innovations remarquables.

Depuis longtemps, Blancpain a opté pour des constructions de mouvement sûres. Pour les constructeurs de la manufacture, la sécurité implique de protéger le mouvement contre les erreurs de manipulation. Assurément, il existe toujours l’expédient d’insérer des mises en garde, généralement imprimées en caractères gras, dans le manuel d’instructions. Toutefois, Blancpain prétend à juste titre qu’un mécanisme bien étudié incarne une valeur supérieure et une sécurité accrue par rapport à une liste d’activités interdites. Pour une répétition minutes, le risque réside dans la tentation de régler l’heure pendant la sonnerie de la répétition. Si d’autres marques horlogères se bornent à interdire formellement cet ajustement, Blancpain ne se contente pas de cette solution. Lorsque le verrou de la répétition est actionné afin de décompter les heures, les quarts et les minutes, la couronne se déconnecte du mouvement. Dès lors, si le propriétaire essaie de régler l’heure pendant la sonnerie ‒ un geste qui briserait le mécanisme de la répétition sur d’autres garde-temps ‒ aucun événement fâcheux ne se produit et la couronne tourne simplement dans le vide.

Le Brassus Carrousel Répétition Minutes Chronographe Flyback comprend une seconde innovation capitale pour la répétition sous la forme d’un barillet aux dimensions très généreuses. Sur toutes les répétitions minutes, l’énergie nécessaire à l’indication acoustique de l’heure est délivrée par l’actionnement d’un verrou situé sur le flanc du boîtier. Ce mouvement arme le barillet de la répétition qui transmet la force nécessaire à la frappe des marteaux sur les timbres. Selon une pratique usuelle de l’industrie horlogère, les barillets des répétitions minutes sont habituellement remontés d’un tour et demi lorsque le verrou est repoussé. Cependant, et de manière regrettable,

Le chronographe possède deux grandes aiguilles. L’une, achevée par une pointe rouge pour le compteur des minutes, l’autre, plus longue, pour les secondes.

Le chronographe possède deux grandes aiguilles. L’une, achevée par une pointe rouge pour le compteur des minutes, l’autre, plus longue, pour les secondes.

l’énergie emmagasinée est presque complètement épuisée avant d’égrener les notes d’une longue sonnerie, par exemple 11 h 59, qui requiert 11 indications pour les heures, 3 pour les quarts (dont chacune consiste en deux notes) et 14 pour les minutes. En conséquence, le volume est généralement plus faible et, dans de nombreux cas, le tempo se ralentit tristement vers la fin de la sonnerie. Pour résoudre ce problème, Blancpain a muni la répétition d’un barillet extrêmement grand qui se remonte de non moins de cinq tours à chaque actionnement du verrou. Ainsi, loin d’être entièrement désarmé après 1,5 tour, le barillet de Blancpain possède encore une réserve d’énergie de 3,5 tours une fois émises les dernières notes de la plus longue des indications. Grâce à cette ingénieuse disposition, le volume et le rythme de la sonnerie demeurent constants en toutes circonstances.

Les timbres représentent la troisième caractéristique essentielle de la répétition minutes du Brassus Carrousel Répétition Minutes Chronographe Flyback. D’une longueur inhabituelle, ils ne se contentent pas d’entourer le mouvement, mais décrivent un tour et demi autour du mécanisme de la montre. Cette longueur supplémentaire, qui leur vaut l’appellation de « timbres cathédrale », confère à la sonnerie une richesse et une plénitude accrues.

Pourtant, tous ces efforts de construction seraient vains si le son n’est pas transmis correctement de l’intérieur du mouvement vers l’extérieur du boîtier. Afin d’en améliorer la propagation, Blancpain a fixé les timbres cathédrale aux parois en or rouge de la boîte elle-même. L’absence d’élément intermédiaire augmente de manière significative le volume et la clarté sonores.

Comme il se doit, ces innovations s’accompagnent d’une élégance raffinée. Pour souligner la complexité de son mouvement, les principaux composants du Brassus Carrousel Répétition Minutes Chronographe Flyback se présentent sous la chaleureuse nuance de l’or rouge. La platine principale et les ponts sont façonnés en or rouge massif. Les ponts sont gravés à la main dans l’atelier des grandes complications du Brassus. La décoration de leurs faces exige un jour complet d’un minutieux travail manuel pour chacun d’eux. Un travail tout aussi précis est requis pour conférer aux bords un anglage manuel réalisé à la lime et au brunissoir ainsi que pour perler les surfaces, même si elles ne sont pas visibles. Tous les autres composants sont également décorés à la main, anglés, brossés et polis. L’échelle des minutes sur le cadran est confectionnée en émail grand feu. Enfin, comme la grande complication est équipée d’un mouvement à remontage automatique, la masse oscillante luit de l’éclat de l’or rouge 22 carats.

Une grande complication incarne l’expression ultime de l’art horloger. Considérées séparément, les complications du Brassus Carrousel Répétition Minutes Chronographe Flyback – le carrousel volant, le chronographe flyback, les timbres cathédrale de la répétition minutes – sont autant d’avancées décisives dans le champ de la haute horlogerie. Cependant, le tout est ici bien plus que la somme des parties, car elles sont intégrées dans un mouvement dont la beauté et la fonctionnalité transcendent chacun de ses composants individuels afin d’offrir à son propriétaire la joie unique de posséder une grande complication qui n’avait jamais été réalisée auparavant.

Le Carrousel GRANDE COMPLICATION

Chapitre 04

Expédition GOMBESSA

Le cœlacanthe, une plongée vers nos origines.

Auteurs du chapitre

LAURENT BALLESTA
Expédition GOMBESSA
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